Sonntag, 10. April 2016

s conduisent à la bonne méthode

part, il s’agit de voir quelles sont les catégories qui se prêtent le mieux à un approfondissement de la réfl exion et d’identifi er avec les fournisseurs les inducteurs de coûts qui vont permettre de calculer en pratique le coût global de leur produit.

« Cette approche nous a conduits, avec la Médiation interentreprises, à élaborer un fi chier Excel proposant une trentaine de questions à destination des acheteurs. L’une d’entre elles invite par exemple à se demander si le coût du processus achats est maîtrisé et connu. Dans certaines négociations, le temps passé en jourshommes est particulièrement important et doit donc être mis en regard des achats passés. L’acheteur peut, avec un tel outil, se doter d’une vision nouvelle concernant sa catégorie d’exercice et chercher à progresser », explique Éric BoesPfl ug. La méthodologie a également permis la création d’un deuxième livrable visant à associer les fournisseurs à la démarche d’amélioration en voyant comment les intégrer à l’identifi cation des inducteurs de coûts. Il s’agit dans ce cas d’un questionnaire à transmettre aux fournisseurs

Pour mettre à profi t effi cacement une nouvelle approche, quatre étapes s’imposent : faire un diagnostic de maturité TCO du portefeuille achats, catégorie par catégorie, défi nir les catégories qui offrent la possibilité d’une réfl exion approfondie, s’assurer qu’un véritable échange existe entre acheteurs et fournisseurs, résorber les risques liés aux processus et spécifi er les critères RSE à introduire dans le cahier des charges

Intégrer les coûts cachés
Dans le domaine de la location automobile, on parle couramment de trois TCO. Le TCO véhicule concerne l’ensemble des coûts du véhicule et représente en quelque sorte un TCO prévisionnel, intégrant la consommation, le prix d’achat, la valeur résiduelle. Le TCO conducteur regroupe tous les surcoûts provoqués par le comportement du conducteur, le mode de conduite pouvant créer des écarts de 10 à 20 % en termes de consommation

de carburant et induire des dépenses de maintenance plus ou moins élevées. Enfi n, le TCO fl otte rassemble les moyens, personnes et outils nécessaires à la gestion d’une fl otte automobile. « Le coût de restitution est aussi un élément à intégrer, même s’il est diffi cile à prévoir. Il est inévitablement lié au TCO conducteur. Autre critère important à prendre en compte : les bonus accordés par les constructeurs liés à un volume d’achat important. Dans certains cas, le choix de l’acheteur se porte plutôt sur des loyers élevés associés à des bonus constructeurs élevés. Dans d’autres, on concédera un loyer plus bas en contrepartie de bonus moins intéressants. Dans les deux situations, il faut en tenir compte dans le calcul du TCO. Des simulations s’avèrent intéressantes pour faire son choix », souligne Frédéric Gambert, responsable achat projets au sein d’Atalian.

Dans des organisations largement tournées vers l’international, certains autres coûts jouent parfois un rôle central dans le calcul du TCO. « Dans notre collaboration avec les fournisseurs, nous suivons un objectif de recherche de coût optimisé. Mais depuis un an, notre but est d’aller plus loin dans notre démarche en défi nissant les meilleures localisations possibles pour nos fournisseurs. Cellesci tiennent compte de la commodité et du site géographique de livraison Alstom », indique Mathieu Guy, directeur costing au sein du groupe Alstom. Il s’agit de l’approche Best Cost Country (BCC) qui rassemble autour de la table des métiers variés, allant de la supply chain aux équipes projets, en passant par la fi nance. « Pour être véritablement pertinent, il faut tenir compte des coûts cachés inhérents au fait de travailler avec un fournisseur lointain, en raison du décalage horaire, de la nécessité de se déplacer dans le pays en question dans certains cas, des profi ls des collaborateurs qui doivent impérativement maîtriser l’anglais », précise-t-il. Autre critère majeur dans ces cas de fi gure : l’infl ation et l’évolution des taux de change, qui ont un impact sur les coûts fi naux.

Calcul du TCO : les bonnes question

Didier Sale
Le TCO (Total cost of ownership) était à l’honneur le 10 mars dernier lors des Jeudis de l’Expertise Achats, organisés par la CDAF. L’occasion de sortir des visions dogmatiques relatives à l’étude des coûts globaux et de se pencher sur des approches tenant compte des spécificités de chaque secteur.

La solution absolue à déployer dans toutes les directions achats pour déterminer le TCO n’existe pas. Mieux vaut mettre en place des réponses qui prennent en compte les spécifi cités de chaque domaine d’activité, afi n d’être véritablement pertinent », résume Didier Sallé, directeur des achats groupe chez Atalian, spécialiste du facility management, et président de la CDAF Île-de-France. Bon nombre de spécialistes partagent cette approche quant à l’analyse des dépenses globales, qui renferment généralement une multitude de coûts dont la nature diffère selon les secteurs.

Le coût global d’un achat est en réalité composé du coût d’acquisition, du coût d’usage et du coût de fi n de vie. Ce dernier peut peser lourd, comme en témoigne l’exemple des centrales nucléaires dont le coût du démantèlement, longtemps mal évalué, fait augmenter le prix du kWh. « Nous avons considéré qu’il est indispensable d’ajouter à ces trois familles de dépenses deux autres briques : le risque RSE, qui peut être en rapport avec des accidents potentiels, des problématiques de délais de paiement, de processus d’achats du donneur d’ordre, ainsi que les opportunités RSE que représente par exemple le soutien à l’emploi local, à des entreprises de secteurs protégés », indique Éric Boespfl ug, fondateur du cabinet Boespfl ug & Associés et auteur d’une méthodologie TCO élaborée avec la Médiation interentreprises.

À chaque domaine sa recette
La solution idéale qui vient à l’esprit pour le calcul du TCO est un algorithme permettant d’aboutir à une vision claire du poids respectif de ces cinq briques, une estimation des coûts relatifs à chacune des briques, et une estimation fi ne des coûts inhérents au risque RSE et aux opportunités RSE. Les coûts étant très variables d’une catégorie d’achat à une autre, « le constat est que l’outil logiciel miracle dans ce domaine n’existe pas. En l’état actuel des choses, à chaque domaine d’activité son algorithme. Donc la question demeure : comment intégrer le TCO sur des portefeuilles achats de plusieurs millions, voire plusieurs milliards d’euros », poursuit Éric Boespfl ug.

Deux voies d’exploration s’avèrent intéressantes. D’une part, le but est d’aider l’acheteur à se poser les bonnes questions. La plupart des algorithmes en place actuellement sont la création de l’acheteur et donc ne traduisent que sa vision personnelle de la situation, qui peut manquer de pertinence et occulter des facteurs essentiels. D’autre

Quel profi l pour l’acheteur de demain ?

Quelles compétences les entreprises attendront des acheteurs du futur ? Pour le savoir, le cabinet Grant Thornton et HEC ont mené une enquête auprès des professionnels des achats et de la supply chain.

A 54 %, Les commerciaux pensent qu’un acheteur ferait un bon “vendeur”. C’est l’une des conclusions de l’étude menée par l’Association des anciens élèves d’HEC et Grant Thornton sur l’évolution des compétences dans les métiers des achats et de la supply chain. Alors que les achats occupent depuis plusieurs années une place de plus en plus stratégique au sein des entreprises, leur rôle devrait encore fortement évoluer dans le futur, notamment en raison des mutations de leur milieu professionnel. En effet, le contexte est marqué par plusieurs évolutions majeures : 70 % des personnes interrogées déclarent vivre un changement de business model au sein de leur société, tandis que 60 % sont confrontés à une complexifi cation de leur environnement juridique et réglementaire. Autre transformation majeure, l’utilisation accrue des nouvelles technologies, qui impacte 58 % des professionnels interrogés.

Quelles compétences les acheteurs doiventils développer face à cette évolution de leur métier et de leur environnement ? Selon l’étude HEC-Grant Thornton, l’aptitude à communiquer et convaincre, l’esprit collaboratif et la capacité à établir une logique de partenariat, notamment avec les fournisseurs, seront des soft skills incontournables.



Communication, gestion de projet, stratégie… Les compétences-clés des acheteurs du futur
Au niveau des savoir-faire, 69 % des sondés estiment que la gestion des risques, particulièrement l’évaluation des risques opérationnels et fournisseurs, ainsi que la gestion de projets transversaux et complexes, deviendront des compétences majeures. L’acheteur de demain sera amené à établir des relations pérennes avec ses interlocuteurs, et à jouer le rôle d’interface de confi ance au sein de l’entreprise. La capacité à innover est également une compétence déterminante pour 61 % des personnes interrogées, à égalité avec la négociation. En revanche, la qualité est en perte de vitesse, seuls 13 % des répondants estimant qu’il s’agit d’une compétence prioritaire. Parmi les axes de développement, les thématiques du digital, des réseaux et du big data se démarquent nettement dans l’étude, et devraient donc devenir des compétences incontournables pour les acheteurs dans les années à venir