Sortir de l’ère du gaspillage,
tel est l’objectif de l’économie
circulaire. Un sujet mis sur
le devant de la scène avec
la loi de transition énergétique
du 17 août 2015. Et une
opportunité dont les achats
doivent se saisir, à l’exemple
de la SNCF et de la RATP.
Il faut sortir du système linéaire : extraire,
fabriquer, consommer et jeter », lance
Grégory Giavarina, délégué général à
l’Institut d’Économie Circulaire (IEC),
à l’occasion du 9e forum des achats
responsables. Or, selon le baromètre 2016
de l’Obsar sur les achats responsables,
21 % des acheteurs envisagent le recyclage
mais seulement 7 % songent à
réutiliser ou réparer pour donner une
deuxième vie aux produits.
21 % des acheteurs pour le recyclage
« La France n’est pas en retard. Les entreprises
les plus engagées voient dans le
recyclage un intérêt, notamment pour sécuriser
leurs approvisionnements, souligne le
délégué général de l’IEC. On observe, chez
les acheteurs publics, la mise en place de
bonnes pratiques. » C’est le cas à la RATP,
qui applique cette politique pour les
tenues de ses agents. « Pour renouveler les
tenues de nos 27 000 agents d’exploitation,
nous avons choisi des fibres recyclées et recyclé
les anciennes tenues », explique Pascale
Tramoni, chef de projets achats RSE,
RATP. Ce projet sera étendu aux agents
de sécurité et de maintenance. « Nous
développerons cette démarche sur d’autres
marchés », précise Pascale Tramoni.
SNCF : 400 M€ de valorisation
À la SNCF, cette politique, baptisée
“5 R”, se décline sur des axes
comme ceux qui consistent à réduire
l’utilisation des matières, réutiliser
les matériaux, réparer (pour prolonger
la durée de vie), recycler, ou encore
repenser les matériaux du futur.
En décembre 2013, le Comex a validé
la direction stratégique d’économie
circulaire. Les achats ont joué un rôle
fondamental en collaboration avec
le développement durable.
Une politique déclinée en huit axes,
« comme anticiper l’écoconception des
produits, repenser les processus industriels,
établir des partenariats fournisseurs car
ce sont les “sachants”, ou mieux travailler
avec les achats pour la rédaction des cahiers
des charges », détaille Isabelle Bluche,
chef de pôle achats RSE, SNCF.
Au total, 93 % des rails sont recyclés
en aciérie et 7 % sont réemployés.
Cette politique d’économie circulaire
vise un objectif de 400 millions
d’euros issus de la récupération et/ou
de la revalorisation des matériaux entre
2013 et 2017. Ces gains sont, ensuite,
“réinjectés dans la performance achats”.
Certains acteurs spécialistes de la
récupération comme l’éco-organisme
Valdelia, qui se charge du mobilier
professionnel, déplorent le manque
d’information des acheteurs. « Comment
expliquer que, sur 230 000 tonnes
d’écocontribution en 2015, Valdelia
n’a collecté que 26 000 tonnes de mobilier
(soit seulement 12 %) ? », s’interroge
Arnaud Humbert-Droz, directeur
général de l’éco-organisme.
Autre frein avancé : celui du manque
de communication entre acheteurs
et industriels.
En effet, les acheteurs ne sollicitent
pas suffisamment les industriels
sur le sujet. Pour Gérard Bruneau,
de l’Obsar, « il est nécessaire de
dialoguer avec les parties prenantes
– prescripteurs internes et externes –
tout en menant une réflexion sur la
juste définition du besoin. Sans compter
que, parfois, il est même préférable de
ne pas acheter ».

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