Sonntag, 10. April 2016

Économie circulaire : acheteurs, êtes-vous prêts ?

Economie Circulaire
Sortir de l’ère du gaspillage, tel est l’objectif de l’économie circulaire. Un sujet mis sur le devant de la scène avec la loi de transition énergétique du 17 août 2015. Et une opportunité dont les achats doivent se saisir, à l’exemple de la SNCF et de la RATP.

Il faut sortir du système linéaire : extraire, fabriquer, consommer et jeter », lance Grégory Giavarina, délégué général à l’Institut d’Économie Circulaire (IEC), à l’occasion du 9e forum des achats responsables. Or, selon le baromètre 2016 de l’Obsar sur les achats responsables, 21 % des acheteurs envisagent le recyclage mais seulement 7 % songent à réutiliser ou réparer pour donner une deuxième vie aux produits.

21 % des acheteurs pour le recyclage
« La France n’est pas en retard. Les entreprises les plus engagées voient dans le recyclage un intérêt, notamment pour sécuriser leurs approvisionnements, souligne le délégué général de l’IEC. On observe, chez les acheteurs publics, la mise en place de bonnes pratiques. » C’est le cas à la RATP, qui applique cette politique pour les tenues de ses agents. « Pour renouveler les tenues de nos 27 000 agents d’exploitation, nous avons choisi des fibres recyclées et recyclé les anciennes tenues », explique Pascale Tramoni, chef de projets achats RSE, RATP. Ce projet sera étendu aux agents de sécurité et de maintenance. « Nous développerons cette démarche sur d’autres marchés », précise Pascale Tramoni.

SNCF : 400 M€ de valorisation
À la SNCF, cette politique, baptisée “5 R”, se décline sur des axes comme ceux qui consistent à réduire l’utilisation des matières, réutiliser les matériaux, réparer (pour prolonger la durée de vie), recycler, ou encore repenser les matériaux du futur. En décembre 2013, le Comex a validé la direction stratégique d’économie circulaire. Les achats ont joué un rôle fondamental en collaboration avec le développement durable. Une politique déclinée en huit axes, « comme anticiper l’écoconception des produits, repenser les processus industriels, établir des partenariats fournisseurs car ce sont les “sachants”, ou mieux travailler avec les achats pour la rédaction des cahiers des charges », détaille Isabelle Bluche, chef de pôle achats RSE, SNCF. Au total, 93 % des rails sont recyclés en aciérie et 7 % sont réemployés. Cette politique d’économie circulaire vise un objectif de 400 millions d’euros issus de la récupération et/ou de la revalorisation des matériaux entre 2013 et 2017. Ces gains sont, ensuite, “réinjectés dans la performance achats”.

Certains acteurs spécialistes de la récupération comme l’éco-organisme Valdelia, qui se charge du mobilier professionnel, déplorent le manque d’information des acheteurs. « Comment expliquer que, sur 230 000 tonnes d’écocontribution en 2015, Valdelia n’a collecté que 26 000 tonnes de mobilier (soit seulement 12 %) ? », s’interroge Arnaud Humbert-Droz, directeur général de l’éco-organisme. Autre frein avancé : celui du manque de communication entre acheteurs et industriels. En effet, les acheteurs ne sollicitent pas suffisamment les industriels sur le sujet. Pour Gérard Bruneau, de l’Obsar, « il est nécessaire de dialoguer avec les parties prenantes – prescripteurs internes et externes – tout en menant une réflexion sur la juste définition du besoin. Sans compter que, parfois, il est même préférable de ne pas acheter ».

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